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Vieille et Aigrie

"Vous ne la connaissez pas, mais elle vous déteste déjà"


The Rook : méfiez-vous des gens que vous tentez de tuer #2

Publié par Tatie Danièle sur 18 Août 2016, 03:39am

Catégories : #Roman, #Critiques, #Urban fantasy, #Science-fiction, #Surnaturel, #Surdoués, #The Rook, #Daniel O'Malley

 

 

 

Il y a quelques mois, j'ai évoqué mon coup de coeur pour le héros de "The Revenant", Hugh Glass (interprété par Leonardo Di Caprio), un homme particulièrement têtu et rancunier ("je meurs si je veux et surtout pas avant d'avoir éventré mon assassin !").

J'ai trouvé son pendant féminin avec Myfanwy Thomas, l'héroïne du premier roman de l'Australien Daniel O'Malley : "The Rook, au service surnaturel de sa Majesté" (Super 8 Editions).

C'est l'histoire d'une jeune femme qui se réveille un soir, sous la pluie, dans un parc londonien. Elle vient manifestement d'être passée à tabac mais dans l'ensemble, elle s'en sort bien. Après tout, elle est toujours vivante. On ne peut pas en dire autant de ses assaillants, éparpillés autour d'elle, comme des crottes de chien oubliées par des maîtres indélicats. La lectrice sanguinaire que je suis a fortement apprécié cette entrée en matière.

Comment a-t-elle atterri là ? Où a-t-elle appris à se battre de cette façon ? Que lui voulaient ses agresseurs ? Et surtout : qui est-elle ?

Notre kickass a un trou (sans mauvais jeu de mot). Et qui pourrait lui en tenir rigueur,  son crâne vient de servir de punching ball à une armada de psychopathes ! Sauf qu'il semble que sa mémoire ait été totalement effacée. Intentionnellement, en plus. Par qui, comment, pourquoi ? La jeune femme va trouver des éléments de réponse grâce à une lettre glissée dans sa poche. Elle lui est adressée par une source on ne peut plus fiable puisque ces lignes ont été rédigées par... elle-même. Ou plutôt son ancien elle, qui avait anticipé cette perte de mémoire.

Ainsi débute l'épopée fantastique de Myfanwy Thomas.

Au fil du récit et surtout des courriers que son double d'avant lui a "légué" (car il s'agit bien d'un legs de souvenirs et d'indices), Myfanwy apprend qu'elle est la "Tour Thomas", qu'elle occupe un poste à responsabilités au sein de la Checquy, une organisation secrète chargée de combattre les forces sunaturelles qui menacent la Couronne britannique. Les employés de cette confrérie séculaire possèdent des pouvoirs très spéciaux. Y compris Myfanwy mais son manque d'agressivité l'a tenue éloignée des activités de terrain et elle officie en interne, en tant qu'administratrice, une administratrice sacrément "compétente" selon ses dires. Notre amnésique comprend sutout qu'il y a un traître au sein de l'organisation et qu'il veut l'éliminer. Elle doit prendre la place de sa prédécesseure sans rien laisser paraître des étranges changements qui se sont opérés en elle et débusquer l'ennemi.

 

Revenir mais en mieux

L'idée de départ est brillantissime. Qui n'a jamais rêvé de devenir une version améliorée de soi-même ? Le succès persistant des ouvrages de développement personnel prouve que c'est une préoccupation centrale pour l'être humain (à quelques exception près) qui considère qu'il est une ébauche (baclée?) de lui-même, un brouillon plein de râtures et de râtés qu'il faut retravailler.

L'héroïne de Daniel O'Malley nous donne un aperçu de ce qui ne risque pas de nous arriver de sitôt. Elle manque mourir et revient dans son corps, sans sa mémoire mais avec son intelligence et ses dons intacts et surtout surtout, une personnalité toute neuve. Elle a donc la possibilité de faire de nouveaux choix, plus audacieux, sans être entravée par les freins ou les névroses du passé. La Myfanwy d'avant était une petite souris discrète, morne et "maladivement timide" avec des pouvoirs sous-exploités. La nouvelle version de la "Tour Thomas" est volcanique. Elle a le regard dur et l'âme d'une guerrière.

Au début, elle porte un jugement sévère sur la personne qui habitait le corps qui est maintenant le sien ("Ce qu'elle a l'air chiante"), mais par la suite, le respect s'installe car son autre a pris de gros risques pour la protéger dans le futur. 

 

Qu'on soit adepte ou non de fantasy urbaine, ce pavé de plus de 600 pages se dévore en un temps records. Le ton est enlevé, le texte intelligent et plein d'humour. L'auteur nous tient en haleine avec l'aventure pleine de rebondissements de ce personnage (qui compte double).

Pourquoi en parler maintenant, alors que The rook est paru il y a deux ans ?

Parce que la suite des aventures de Myfanwy est sortie en juin (en anglais) sous le nom de "Stiletto" ! Youhou ! Et qu'on espère qu'on ne va pas devoir patienter trop longtemps avant de pouvoir le trouver en français ! En attendant, ceux qui ne l'ont pas encore lu devraient s'y mettre dès maintenant pour être fin prêts le jour J.

 

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