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Vieille et Aigrie

"Vous ne la connaissez pas, mais elle vous déteste déjà"


Mes lectures de l'été

Publié par Tatie Danièle sur 28 Juillet 2017, 16:53pm

Catégories : #Romans graphiques, #BD, #Humour, #Névroses, #douance

Je suis tombée sur ces ouvrages un peu par hasard et ils ont fait mon bonheur. Les trois auteures, hostiles à la normalité et aux styles très différents, ont manifestement un petit vélo dans la tête et un sens de l'auto-dérision très prononcé.

 

Eloge de la névrose en 10 syndromes de Leslie Plée

Il s'agit d'une BD autobiographique. L'auteure vit avec son chat Michel et son chéri, Leopold (oui, c'est aussi un nom de chat célèbre, mais là n'est pas le sujet). Elle accumule les bizarreries depuis l'enfance (voir syndrome du balancement nocturne) et souffre aujourd'hui d'adultisme (jeu de dupes qui consiste à faire comme les grandes personnes sans jamais y parvenir réellement). Dans cet ouvrage, Leslie Plée partage des moments d'introspection savoureux et dissèque les travers d'une société normative en évoquant, par exemple, les tabous et les préjugés liés à la condition féminine (syndrome des règles bleues).

 

 

Le ton est léger mais fine est l'analyse. Les dessins à l'aquarelle sont touchants avec leurs teintes pastel... douces, comme la folie de l'auteure.

Je suis certaine que beaucoup se retrouveront dans "L'éloge de la névrose", (ça a été le cas pour moi, notamment avec le syndrome de l'imposteur procrastinateur) et c'est une bonne chose, car cette BD est parfaite pour apprivoiser voire cultiver son propre grain de folie et se réconcilier avec soi-même.

 

Le syndrome de Ploumanac'h

(On ne parle pas assez de cette névrose bien chelou ! Je tiens à m'adresser directement aux personnes touchées : courage, vous n'êtes pas seuls ! Spéciale cacedédi à toi, Miss E.!)

 

 

http://leslieplee.tumblr.com/

 

Hyperbole d'Allie Brosh (éd. Les Arènes)

Le ton du roman graphique d'Allie Brosh (qui se trouve être une adaptation de son blog) est mordant. Ses illustrations volontairement maladroites sont très évocatrices et pleines d'humour. Pour se représenter, l'auteure s'est en effet inspirée d'un autoportrait qu'elle avait réalisé lorsqu'elle avait 5 ans. Quant à sa plume, elle est à se gondoler dans le sable comme une baleine souffrant de gratelle.

Dans "Hyperbole", Allie Brash raconte, entre autres, son enfance, le dressage raté de ses deux chiens ("le chien crétin", ramolli du bulbe, et "Le nouvel ami", asocial , non, sociopathe plutôt) et sa dépression. Comme Leslie Plée, elle aussi aborde la poisse que représente le passage à l'âge adulte et son combat quotidien pour se bouger le boule (tiens, tiens, ça me rappelle quelque chose).

Allie Brosh livre un ouvrage très honnête et là encore, ses propos vont certainement trouver un écho chez beaucoup d'entre vous.

Voici un court extrait du chapitre qui traite de l'identité. Allie veut être quelqu'un de bien malgré ses pulsions "étranges et insensées". Sa parade ? "Il n'est pas nécessaire d'être une personne bien pour se sentir comme telle. J'ai trouvé une échappatoire quand je ne fais pas de bonnes actions : me dire constamment que j'en suis capable".

 

 

 

La poutre de mon oeil d'Aurélie William Levaux (ed. Le monte en l'air)

"Quand je vais mal j'écris. J'écris quatre fois par jour tous les jours depuis quinze ans mais sinon, franchement, ça gaze". Voilà le genre de réflexions que l'on peut trouver dans le recueil de dessins d'Aurélie William Levaux.

"La poutre de mon oeil" se situe entre le journal intime et le carnet de pensées. L'auteure belge nous invite dans les méandres de son cerveau en partageant, sans filtre, des fragments intimes entre amants, des dialogues surréalistes de copines, des moments de complicité avec sa fille, et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est brut de décoffrage : sombre, déjanté, irrévérencieux... et drôle. Jouissif même, car Aurélie William Levaux a le sens de la formule. 

Il y a d'ailleurs un contraste saisissant entre la force de ses commentaires et la simplicité affichée de ses dessins. Le trait économe, l'utilisation de feutres limitée à trois couleurs, et l'écriture manuscrite qui fait des pâtés et a parfois du mal à maintenir l'horizontale donnent l'impression de sentiments captés sur le vif, de croquis dessinés dans le métro, ou sur le coin d'une table.

Mes lectures de l'été
Mes lectures de l'été
Mes lectures de l'été
Mes lectures de l'été

http://aureliewilliamlevaux.be/

 

J'ai passé un très bon moment avec "Éloge de la névrose", "Hyperbole" et "La poutre de mon oeil". Pour ceux qui connaissent peut-être déjà, je serais curieuse de savoir si vous les avez aimés autant que moi, pour les autres, croyez-moi sur parole, ce sont des ouvrages à lire et/ou à offrir. 

 

"Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière", 

Michel Audiard

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Zazimutine 31/07/2017 22:52

Le dernier me tente moins mais les deux premiers me font très envie, merci pour l'idée ;)

Tatie Danièle 01/08/2017 11:37

De rien ! J'espère qu'ils te plairont !

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