Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Vieille et Aigrie

"Vous ne la connaissez pas, mais elle vous déteste déjà"


QUI MIEUX QU'HARLEQUIN CONNAIT VOTRE VALENTIN ?

Publié par vieille-et-aigrie.over-blog.com sur 14 Février 2010, 23:12pm

Catégories : #Amour et autres fadaises

Harlequin a tout compris. Il sait ce que tu attends de l'homme idéal. Et il te l'offre ( moyennant finance ) encore et encore. Il va même souvent au-delà de tes espérances.

Car dans le monde d' Harlequin, tout le monde il est beau. Les auteurs des romans à l'eau de rose ne rigolent pas avec ça : si les personnages principaux n'ont pas au moins une taille mannequin, ils se font recaler.

Les moches n'ont pas le droit à l'amour ?

C'est un peu ça. Mais sois honnête deux secondes : est-ce qe ça te ferait fantasmer d'observer un thon, petit avec de grandes oreilles, tourner autour d'une morue gélatineuse et pustuleuse pendant 125 pages ?

Bah non. C'est pareil dans la vraie vie, reconnais-le. Il n'y en a que pour les belles gueules. Mais c'est un autre débat, sur lequel la vieille aigrie que je suis reviendra avec plaisir.

 

Donc les Valentins d'Harlequin sont des bombes.
Quand lui n'est pas vraiment beau, il a des traits taillés à la serpe ( c'est moins douloureux que ça en a l'air et c'est presque tout pareil que d'avoir des traits réguliers ). Il a invariablement un corps d'athlète. Dans ce monde-là, les gars, les poignées d'amour ne sont pas glamours, sorry. D'ailleurs, on se demande comment le Valentin fait pour garder la forme parce qu'on ne le lit jamais en train de soulever de la fonte au Club Med Gym, ni rien. Mais c'est un détail.  J'oubliais, dans le portefeuille du Valentin : une MasterCard incrustée d'or et de diamants. Jamais entendu parler d'un SDF, un chômeur ou un repris de justice ( même beau gosse ) dans un Harlequin.



La Valentine est une sainte-nitouche aux réserves lacrymales inépuisables. Ca reste supportable parce qu'il n'y a ni le son ni l'image. Bien entendu, l'auteur essaie de nous faire gober que, même après les litres versés, son héroïne reste séduisante. Bien tenté, mais nous on sait qu'elle a la goutte au nez, la Valentine, et le visage rouge et gonflé et que c'est vilain. Dans l'échelle sociale elle se situe en général un degré plus bas que le Valentin. Ou à la rigueur à égalité, mais jamais au-dessus. Elle a souvent de graves problèmes psychologiques : elle a tendance à vénèrer son patron qui lui parle comme à une chienne; elle tombe enceinte d'un homme qu'elle aime, se sauve à l'autre bout du pays on ne sait trop pourquoi, prend bien soin de ne pas refaire sa vie et de rester bien amoureuse, pour avoir une bonne raison de pleurer tout son soûl, le soir, seule dans le noir. La Valentine est peu neuneu mais tellement bonne !

 

Après ce petit topo je pense qu'il est temps de te raconter une histoire Harlequin spécial Saint Valentin. Je te préviens, je n'invente rien.




Quelque part au Texas, dans un bled paumé.

 

Chanté - ( j'ai oublié de préciser que l'héroïne harlequinoise porte généralement un nom exotique - traduire : à coucher dehors ). Elle est serveuse et a fait voeu de chasteté pour se consacrer à ses études. On ne se moque pas : elle n'arrive pas à mener plusieurs activités de front, et alors ?

 

Lui est médecin et se nomme Mattews ( tiens, c'est marrant, le Valentin ,lui, a toujours un nom classique; pour faire sérieux, j'imagine, alors que la Valentine peut se contenter d'être décorative; ce ne sont que des hypothèses, bien sûr).

 

Un jour, la voiture de Mattews tombe en panne au milieu de nulle part, à quelques kilomètres du bar où travaille notre Chanté.

Après plusieurs heures de marche, Mattews voit Chanté qui prend justement sa pause, debout, en plein cagnard ( on a des habitudes bizarres, au milieu de nulle part ).

 

Il lui fonce dessus car il meurt de soif et cette nana a l'air d'avoir la bouche pleine de salive. Il fonce, donc, et s'abreuve directement à la source.

Chanté se laisse rouler la gamelle du siècle avant de repousser Mattews avec indignation : " Bas les pattes, tu t'es cru où, connard ?"

 

Bon, je fais 'avance rapide' parce que sinon, demain, on y est encore.

Mattews squatte dans le coin, le temps qu'on lui répare sa caisse. Entre temps, il fait un pari avec les bolos du patelin qui veulent tous se faire Chanté. Quand elle l'apprend, elle pète un câble et lui balance son poing dans la tronche ( elle a du caractère, cette petite ).

 

Mais il ne lâche pas l'affaire. Poète, il lui propose, entre deux baisers bien baveux : « Viens donc dans ma chambre d'hôtel, bébé, je vais te faire grimper aux rideaux ». Rageuse, elle tente de lui rouler dessus avec sa vieille bagnole : «  J'ai fait voeu de chasteté, connard, who do you think I am ? ».

Mais Mattews qui est tombé amoureux de cette tigresse, vient tous les matins au bar avec une rose rouge entre les dents, pour se faire pardonner ses indélicatesses. Le 4ème jour, elle l'invite à venir à la messe avec lui ( ? ) et à rencontrer son père, un fou de la gâchette ( n'oublie pas : nous sommes au Texas, le fief des Bush ).Cette invitation sonne comme une déclaration d'amour.


Et de fait, Mattews baratine le daron et Chanté finit dans la chambre d'hôtel.

 

"On est bien peu de chose, mon amie la rose me l'a dit ce matin".

 

 

 

Happy Valentine's night





Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents